Description
Je me tiens devant vous pour porter la voix de tous ces gens que Césaire qualifiait des « malheurs qui n’ont point de bouche », ces déplacés vivant dans les camps d'Ituri, du Nord et du Sud-Kivu, partie déchirée de l'est de la RDC où il règne chez ces familles de réfugiés, un sentiment de désespoir, les oubliés de la terre dont la santé, paix, la sécurité et la démocratie restent des concepts vains et vides de sens à leur égard. Je parle avec les sentiments de ces milliers des adolescentes et jeunes filles qui se sont vu injustement condamné à une vie de perpétuelle errance d’un camp de déplacé à un autre, suite aux bruits de botte, et à la marmaille de suceurs de sang. Je parle avec les mots de ces milliers de jeunes filles et adolescentes dont le chemin d’avenir s’est obstrué, parce que forcer d’intégrer les groupes armés et les foyers de radicalisation pour y être utiliser comme instruments de plaisir avec des rapports sexuels non protégés et mariages précoces. Si on devrait marier ces réalités avec l’équité, les adolescentes et jeunes filles vivant dans les camps de déplacés sont défavorisés en terme de vaccination et cela se manifeste par un retard de croissance par ceux qui vivent en milieu urbain.
Cette crise humanitaire en RDC dure depuis 25 ans, est l'une des plus complexes et des plus longues au monde, mais aussi la plus négligée. Alors je parle avec les mots de ces jeunes dont, au 21ème siècle l’éducation à la sexualité responsable reste un lointain rêve pour elles, et qui n’ont aucune possibilité de prendre part à la gestion de leurs corps suite à l’ignorance, à la violence, à la pauvreté, à la stigmatisation, à l’exclusion et même au fait de vivre dans des situations de crise humanitaire. Etant donné qu’un bon nombre de filles de moins de 16 ans accouchent chaque année dans l'Est du Congo où je vis, le taux de naissance chez les adolescents est plus élevé dans cette partie où les conflits politiques, fonciers, tribaux…entrainant des guerres perpétuelles font partie de notre quotidien que dans les autres parties du pays. Plus d’1 femme sur 4 ont donné naissance avant leurs 18 ans dans la partie Est de la RDC où je vis. Dans ma province, les complications pendant la grossesse et l’accouchement sont la première cause de décès chez les adolescentes et les jeunes filles et chaque année elles subissent des avortements à risque.
Je hausse ma voix pour ces mères adolescentes qui font face à des risques plus élevés d’éclampsie, d’endométrite puerpérale, et d’infections systémiques. De plus, les bébés nés de mères ayant moins de 20 ans font face à de plus grands risques de faible poids de naissance, d’accouchement prématuré, et de maladies néonatales graves dans cette zone à risque. Un nombre considérable d’adolescentes meurent de causes évitables (complications pendant la grossesse, accouchement, avortements non sécurisés ou à risque) et d’autres présentent des taux d'infection par le VIH.
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