Description
Introduction
Le Madagascar a connu une augmentation rapide des cas d'infection par le VIH au cours des 20 dernières années. Plusieurs facteurs sont à la base de ce phénomène à partir de l'instabilité politique, puis l'absence de campagnes de sensibilisation et de dépistage, et finalement l’épidémie du Covid 19 qui a absorbé la plus grande partie des ressources allouées à la santé publique. Un rôle important semble également être joué par le changement climatique, qui affecte en particulier le sud du pays avec des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents, entraînant la migration des populations vers le nord de Madagascar. Ces mouvements de masse conduisent à des changements dans la structure sociale avec une augmentation des comportements à risque, ce qui a des conséquences sur la santé publique telles que l'augmentation du VIH.
À Ambanja, au nord-ouest de Madagascar, la population a augmenté rapidement dans la dernière décennie, en partie à cause de la migration susmentionnée.
Dans le pays la disponibilité de données sur le VIH à grande échelle est pratiquement inexistante. Même pour les femmes enceintes, considérées comme une population à risque, les données disponibles sont limitées. Cette étude présente les données d'un programme de visites prénatales dans la ville d'Ambanja de 2015 à décembre 2023.
Méthodologie
Depuis 2015, un programme de visites prénatales sur un système mHealth dénommé PANDA (Pregnancy And Newborn Diagnostic Assessment) est actif dans l'hôpital publique d'Ambanja. Le système permet de collecter
données sociodémographiques, antécédents obstétriques et cliniques, résultats de dépistage et de dispenser une éducation à la santé axée sur la préparation à l'accouchement, y compris les signes de danger, et les soins au nouveau-né.
Pour assurer le dépistage VIH lors de la consultation prénatale, en évitant les fréquentes ruptures de stock, un système d'approvisionnement indépendant a été mis en place.
Résultats
De janvier 2015 à décembre 2023, 4.456 femmes enceintes avec 15.849 visites prénatales ont été incluses dans le programme PANDA.
Au cours de ces 9 années, 166 femmes séropositives ont été identifiées, la prévalence passant de 1,5 % en 2015 à 5,3 % en 2023.
L'âge moyen était de 23 ans, avec une fourchette allant de 14 à 41 ans. 20 % des femmes testées positives étaient des adolescentes.
L'absence de campagnes de sensibilisation et de dépistage du VIH a été confirmée par les informations recueillies auprès de l'ensemble de la population des femmes participant au programme, dont un pourcentage élevée a déclaré n'avoir jamais effectué le dépistage du VIH. En outre, presque aucune des femmes n'a mentionné le préservatif parmi les méthodes contraceptives qu'elle avait utilisées dans le passé ou qu'elle souhaitait utiliser à l'avenir.
Conclusion
Le changement climatique et la migration qui en découlent sont des éléments à prendre en compte dans l'analyse de la propagation de l'infection par le VIH à Madagascar. Nos données montrent une prévalence de l'infection beaucoup plus élevée que les données ministérielles, ce qui souligne la nécessité de renforcer le programme de prévention pour les femmes enceintes afin de réduire la transmission verticale.
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